Tambours sur la Digue: (2003), 135 minutes
Dans le cadre du OSTER FESTIVAL TIROL du 15 au 31 mars 2013
19/03/2013, 19h15 (Intro), 20h15 (Film)
Hall, Salzlager, Saline 18, 6060 Hall in Tirol
Co production: Théâtre du Soleil
Direction: Ariane Mnouchkin

Une pièce d'Hélène Cixous, mise en scène et filmée par Ariane Mnouchkine (2002), musique de Jean-Jacques Lemêtre, coproduite par le Théâtre du Soleil, Bel Air Media, Arte France, ZDF Theaterkanal et le SCÉRÉN-CNDP.
2 h 16 min
On connaît la déception voire l'ennui ressenti à la vue d'un enregistrement filmé d'une représentation théâtrale. On sait les pièges et les difficultés à rendre compte des puissances et des impacts d'une représentation théâtrale par sa captation filmée. On peut aussi faire un film avec tous les moyens permis par le jeu de la caméra, mais la théâtralité risque alors de s'estomper.
La grande originalité du film réalisé par Ariane Mnouchkine est d'avoir réussi à trouver les voies justes d'une transposition filmique de sa propre mise en scène. Et nous pouvons affirmer sans conteste que nous sommes en présence d'un nouveau chef-d'œuvre : Tambours sur la digue-film.
Ici, la manière filmique de raconter la fable intensifie et accentue les composantes du jeu du théâtre de marionnettes, notamment lorsqu'elle dédouble les voix des choristes acteurs, filmés indépendamment ou bien mis en miroir, en contre-champ du jeu précis (en « surmarionnette ») des acteurs ; lorsqu'elle insiste sur le regard des koken manipulateurs rivé sur leur marionnette vivante ; lorsqu'elle détache à certains moments la musique du spectacle en montrant Jean-Jacques Lemêtre et son énergie musicale ainsi que les joueurs de tambours.
Les drapés de soie frissonnants ou vibrants de l'eau et du vent, verticaux ou horizontaux, toujours en menace de submerger le ponton de jeu et les personnages, nous plongent dans la poétique des éléments mais aussi devant les menaces qui surplombent le monde de ces marionnettes et que très peu d'entre elles semblent voir.
Du même coup, tout en gardant la force et la magie du spectacle, les moments épiques de la fable sont mis en lumière en annonçant explicitement la théâtralité de l'histoire et des personnages et en nous plaçant devant les affres de l'indécision ou de la folie aveugle dont souffrent les hommes ivres de pouvoir, de peur, de haine ou d'amour.